Aurélie Poinat - peintre

dscn1576small.jpg

 

"Mes peintures ont comme sujet la représentation d’espaces. La figure humaine en est absente, il n’y a aucune trace de vie ou d’occupation des lieux.

Je les envisage comme des lieux mentaux, des labyrinthes de l’esprit, matérialisés par des successions de pièces. Dans ces espaces que je crée, je souhaite amener le spectateur à perdre ses repères par des disparitions, des fractures, des effacements et des reflets trompeurs.

J’utilise pour les créer les procédés de l’abstraction géométrique : mes peintures comme un jeu d’assemblage avec un nombre de couleurs réduites. Chacune peut servir à déterminer, d’une peinture à l’autre, un sol, un plafond, un mur. La couleur est partie prenante de la construction de l’espace, elle y amène la lumière et elle y crée des résonances

Le fond est amené à réapparaître, souvent en lieu et place du sol mais toujours pour créer un espace indéterminé, comme une angoisse du rien qui ressurgit derrière la surface des choses. En cela il contredit l’illusion créée par la perspective et nous rappelle que c’est une peinture que nous regardons, un objet.

Il ne s’agit pourtant pas d’espaces fermés, mais bien d’espaces indépendants, coupés du monde extérieur ; un univers de l’incertain, un monde de l’entre deux."

 

aurelie.poinat@gmail.com

 

dscn1571small.jpg        dscn1569small.jpg        dscn1568small-1.jpg

 

Aurélie Poinat peint exclusivement des intérieurs réduits à un ensemble de lignes qui dessinent les contours de murs et de percées. Quelques objets élémentaires (chaises, table, lit, étagère, radiateur) viennent habiter l'espace. Elle opère une réduction de motifs pour en extraire une sorte d'archétype de la fonction d'habiter, proche de la maquette ou de la modélisation, qui n'est pas sans rappeler les recherches sur le design et l'architecture du Bauhaus. L'impression d'être confronté à un artefact est renforcée par l'absence de toute figure humaine, bien que celle-ci soit, en creux, omniprésente. Limitée à quelques teintes, la couleur tient une place importante dans ses tableaux, déterminant ici et là, par des jeux de surfaces qui nuancent l'illusion perspectiviste de ces compositions, un mur, un sol ou un plafond. La peinture d'Aurélie Poinat cherche à cerner la zone d'émergence d'une possible tension. Le traitement pictural des murs, qui semblent parfois partir en fumée ou se désagréger, insuffle à son travail en apparence formel un brin d'étrangeté et d'irrationalité. L'environnement lui-même paraît irréel, angoissant et labyrinthique. Ces projections imaginaires fonctionnent comme la métaphore de l'espace intime et mental, dont il ne semble pourtant vouloir émerger aucune narration, aucun autre élément que ce qui est donné à voir. Une peinture de l'incommunicabilité, pourrait-on dire.

 Raphaël Brunel

 

 

 

Date de dernière mise à jour : Jeu 24 Juil 2014

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site